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Un été 2009 bien chargé

Ça fait déjà bien longtemps depuis mon dernier texte.  On réalise à peine que l’été a passé et qu’on ne l’a pas vu… encore!  Les faits saillants de l’été 2009 sont certes le nombre de jours de pluie et l’absence de soleil, rendant la récolte de foin minime et presqu’impossible.   Nous n’avons pas récolté assez de foin pour subvernir à nos besoins pour l’année, nous devrons acheter du foin et ça c’est terrible. 

La moissonneuse-batteuse qui récolte notre orge-avoine

La moissonneuse-batteuse d'Alain Malette récoltant notre orge-avoine

Par contre, notre récolte de grains s’est bien déroulée et le rendement est moyen.  La météo a collaboré, près de deux semaines sans pluie de la fin août au début septembre.  Alors la récolte du grain et de la paille s’est fait sans pression.  Mon beau-père Réal en a profité pour faire un tour dans la moissonneuse-batteuse d’Alain Malette.  Une machine moderne et gigantesque qui est très impressionnante.  Merci Alain!

Récolte de la paille le 7 septembre 2009

Récolte de la paille le 7 septembre 2009: Julien, Sébastien, Sébastien.

Nous avons eu la chance d’avoir de l’aide de la part de Julien, Mathieu et ses deux amis Sébastien et Sébastien!  On les a fait travailler fort et ils ont bien répondu à la demande.  Heureusement qu’on les a eu pour récolter la paille car il y en avait beaucoup.

On charge les agneaux pour l'abattoir

On charge les agneaux pour l'abattoir

De mon côté, j’ai tenu le kiosque du Marché de Cumberland durant tout l’été, sans manquer une fois.  Il y a eu des journées de pluies où je serais bien restée à la maison, mais une fois sur place, la clientèle était au rendez-vous.  Cela m’a tenue très occupée car il fallait faire abattre des agneaux à toutes les semaines, donc aller à la boucherie à chaque semaine pour décider des coupes à effectuer sur les carcasses afin de satisfaire les besoins des consommateurs.  Je dois donner crédit à la boucherie D Meat Shop de l’Orignal, au propriétaire Daniel Hotte et à ses employé(e)s Constant, Pauline et Michel qui m’ont offert une collaboration sans faille et ont acquiessé à toutes mes demandes ’spéciales’:  Merci pour votre précieuse collaboration.

Produits de la ferme Albé: keftas, gigot farci, feuilletés d'agneau

Produits de la ferme Albé: keftas, gigot farci, feuilletés d'agneau

Mon expérience du marché m’a permis de mieux cerner les besoins des consommateurs.  Je me suis donc mise à transformer la viande d’agneau en des produits ‘prêts à cuire’.    J’ai créé des produits de spécialité exclusifs qui ont été bien populaires, comme:  keftas, gigot farci, feuilletés d’agneau, rosettes et saucisses (faites par Daniel mon boucher).  J’ai concocté les recettes moi-même, forte de mon expérience de ‘mangeuse d’agneau (!)’ et de mes nombreux livres de recettes.  Tous mes produits transformés ont été un succès.

Luc a travaillé très fort lui aussi.  Avec l’acquisition de nouveaux équipements (presse à balles rondes, skidsteer), il a dû agrandir les ouvertures de la bergerie et refaire les portes.   Il a passé beaucoup de temps à nettoyer la bergerie, car avec la quantité d’animaux que nous avons, il y a beaucoup de litière à changer.  Il a récolté le foin quand c’était possible.  Il a fait un nouveau pâturage pour les moutons.  En ce moment, il s’affaire à étendre le fumier dans les champs et dès que la météo le permet, il devra passer les roulettes dans les champs pour que ce soit prêt à ensemencer au printemps.

Fait inusité de l’été:  un client nous a demandé d’expédier un agneau pour michoui à Iqaluit au Nunavut.  Nous étions très surpris de cette demande mais aussi très flatté.  La carcasse s’est bien rendue et les ‘dégustateurs’ étaient bien satisfaits si on en croit la gentille lettre de remerciement qu’ils nous ont fait parvenir.  Salut aux franco-nunavois!

Les brebis sont maintenant avec les béliers.  Les béliers sont bien heureux de pouvoir sortir de leur enclos et de courrir après les filles!  Ils ont chacun 50 femelles à fertiliser.  Agnelage prévu fin février 2010.  Il y a de l’action dans le pré!

Le temps des conserves est arrivé

À la fin de l’été, c’est le temps des récoltes au potager.  Disons que cette année, le potager n’est pas un succès.  La température froide et pluvieuse du mois de juillet a presque ruiné nos légumes.  Heureusement qu’il y a eu un peu de chaleur dernièrement.  On a très peu de rendement pour les patates, les betteraves n’ont pas grossies, les oignons pas pire, les haricots sont durs et pas très gouteux, les petits pois de même.  On a un peu de cornichons et de courgettes et un peu de tomates. 

Les tomates 2009!J’en ai profité aujourd’hui pour faire des tomates en conserves.  Demain je ferai des cornichons.   J’essaierai de mariner des betteraves un peu plus tard.  Je fais des recherches de recettes pour des tomates vertes.  L’an passé, j’ai fait du ketchup vert (beaucoup!) et il en reste encore.  J’aime bien aussi des légumes marinés, comme un mélange carottes, choufleur, tomates vertes, piments fort.  C’est beaucoup de travail faire des conserves mais quand on ouvre un pot, mmmm…. quel délice.   Luc et moi apprécions le fait que les légumes du jardins sont naturels, ie sans engrais ni rien, et que nos conserves ne contiennent pas d’ingrédients ‘chimiques’.

De la pluie… encore de la pluie.

Champs d'orge-avoine 2009 de la Ferme Albé

Champs d'orge-avoine 2009 de la Ferme Albé

On pensait avoir vu le pire en 2008.  Les agriculteurs plus âgés parlaient alors des pires conditions météo depuis plus de 30 ans.  Même pire qu’en 1972, où on n’avait fait le foin qu’en septembre, alors imaginez.  Eh bien non!  2009 marquera la mémoire collective de bien triste façon elle aussi.  Il pleut presqu’à tous les jours, ce qui rend les terres imbibées et saturées d’eau et qui nous empêche de récolter le foin.  Faut dire que le foin n’est déjà pas abondant parce qu’il a été endommagé par l’hiver ‘glacé’ et retardé par un printemps froid.  Des gros orages violents on fait des dommages aux champs de blés de nos confrères agriculteurs et à mes plates-bandes de fleurs, sans parler de la fusariose, mildiou et autres nuisances des temps humides.  Tout ce travail anéanti en quelques minutes.  Seule consolation:  nos champs d’orge/avoine tiennent bon pour le moment.  Cependant, je ne crie pas victoire tant que la récolte ne sera pas dans le silo.  Dame Nature a sa façon bien à elle de nous rappeler qu’on n’a pas le contrôle sur elle.  Il faut être modeste et accepter ce que la nature nous réserve.

Malgré tout, la première coupe de foin est terminée.  Cette année, on a fait la transition de petites balles carrées aux grosses balles rondes.  C’est plus rapide à faire et ça ne demande pas de main-d’oeuvre supplémentaire.  À nous deux, on est capable de tout faire.  Pour cette année, on entreposera les balles rondes à l’extérieur et on placera une bache par-dessus.  On place dans notre liste de ‘rêves’, un entrepôt à foin.  Il a fallu modifier la porte de la bergerie pour pouvoir entrer les balles rondes.

Entre-temps, les brebis sont au pâturage quand il ne pleut pas.  Elles ont les pieds dans l’eau par endroit mais elles semblent supporter ce stress sans trop de mal.  Prions pour du beau temps…

Pâturage 2009 de la Ferme Albé

Pâturage 2009 de la Ferme Albé

Le marché de producteurs

Mon départ pour le marché

Mon départ pour le marché

L’année 2009 marque notre début dans un marché de producteurs.  Nous n’avons jamais participé à un marché de producteurs avant car nous n’avions pas assez d’agneau à vendre.  Cette année, avec un troupeau de 100 femelles, nous pouvons nous permettre d’offrir notre produit au marché.  Nous avons choisi le marché de Cumberland car c’est celui qui est le plus près de chez nous tout en étant près d’Ottawa et c’est seulement le samedi matin.  On a un loyer à payer pour un espace, mais c’est abordable.  Il a fallu investir pour équiper un kiosque et je dois dire que ce n’est pas évident de rendre attrayant un produit que je ne peux pas ‘exposer’ et qui se trouve dans un congélateur.  J’ai dû acheter un abri pliable et me défaire d’un petit congélateur pour la saison.  Grâce à l’ordinateur je me suis fait des affiches que j’ai fait plastifier.  Luc a rénové une remorque, ie changer les pneus, peinturer au complet, changer la structure de bois, changer le filage des lumières, etc. afin de transporter le congélateur.  Et voilà! j’étais prête à partir.

Dès la première semaine, j’ai réalisé toute l’importance d’avoir un kiosque attrayant et attirant.  Mes petites pancartes étaient bien trop petites et je n’avais rien d’autre que ma remorque dans le kiosque.  J’étais presqu’invisible.  J’ai même eu un monsieur qui pensait que j’avais une remorque à vendre!  Alors j’ai récupéré une vieille pancarte qu’on utilisait près du chemin à nos débuts et je lui ai fait des retouches de peinture.  Ensuite une  amie d’un kiosque voisin, Les serres Quenneville pour ne pas la nommer, m’a prêté des supports à affiches et deux beaux bouquets pour que je puisse améliorer mon kiosque.  Maintenant je suis bien plus visible et on ne m’a pas demandé ce que je vendais, c’est bien évident maintenant.  Il y a encore place à l’amélioration, mais c’est moins urgent!

En passant, j’adore aller au marché.  Cela représente beaucoup de travail:  je dois placer l’inventaire de viande dans le congélateur la veille, bien étiqueter les produits et le matin du marché je pars à 5h45.  Sur place, il y a une belle camaraderie entre les marchands et le contact avec le public est stimulant.  Je pense que les gens apprécient que les producteurs se déplacent pour aller vers eux.  Beaucoup sont soucieux d’acheter des produits locaux.  J’ai vraiment l’impression de participer à la vie communautaire de cette localité.  Ce sont des bénévoles qui ont initiés ce projet de marché de producteurs et ils sont présent pour nous aider en tout temps.  C’est un beau succès ce marché:  Le marché frais de Cumberland.

Kiosque de la Ferme Albé au Marché de Cumbeland

Kiosque de la Ferme Albé au Marché de Cumberland

Des travaux à la ferme

Durant l’hiver, souvent après le bilan de l’année précédente, les agriculteurs planifient les projets qu’ils veulent exécuter durant l’année, en plus des opérations courantes de la ferme.  Nous n’échappons pas à la règle, même si beaucoup de nos ‘rêves’ ne seront pas réalisés cette année.  C’est en plein le temps de faire tous ces travaux, avant que ne débute la saison des foins. 

Silo en construction

Silo en construction

Notre premier projet, majeur celui-là:  un nouveau silo à grain, afin d’augmenter la capacité d’entreposage des récoltes.  Nous avons fait affaire avec une équipe d’experts qui ont érigé le silo en une journée seulement.  Travail spectaculaire qui nécessite de l’équipement spécialisé et une équipe qui travaille à l’unisson.  On a utilisé la base de ciment qui servait autrefois pour le silo de la ferme laitière.  Ce silo avait été démantelé il y a plusieurs années de ça et la base était là, témoin silencieux du passé florissant de cette ferme laitière.  La ferme reprend donc sa forme et sa vocation tranquilement.

Un ouvrier sur le toit

Un ouvrier sur le toit

Notre deuxième projet:  solidifier la toiture de la bergerie.  Il faut prendre soin des bâtiments centenaires qui ont résisté au temps à venir jusqu’à maintenant et qui ont encore une longue vie utile devant eux.  Ce fut une tâche très spectaculaire qui a été exécuté par une équipe spécialisée qui n’a pas peur des hauteurs.

Un autre projet qu’on planifie, c’est de faire d’autres clôtures pour agrandir le pâturage des moutons.  On va faire ça nous-mêmes un peu plus tard au cours de l’été.